Christiane TAUBIRA, Députée de Guyane, interroge Monsieur le Premier Ministre sur la poursuite de la lutte contre l'orpaillage clandestin. Lors de son séjour en Guyane en février 2008, le Président de la République a annoncé la mise en place d'une opération militaire visant à mobiliser un millier d'hommes en forêt guyanaise afin d'assécher l'activité des orpailleurs clandestins. Le Président de la République avait déclaré alors que cette opération dénommée « Harpie » durerait « tout le temps qu'il faudra ». La Députée de Guyane avait pour sa part considéré que ce n'était pas la réponse la plus appropriée au fléau du pillage de l'or, de la destruction de la forêt et de la pollution des fleuves, même si cette opération comme d'autres et notamment les opérations Anaconda, donnerait des résultats du fait de l'efficacité des équipes d'encadrement et d'intervention. La Députée de la première circonscription de Guyane rappelait que les préconisations contenues dans son rapport sur l'or remis au Premier Ministre Lionel Jospin en septembre 2000, invitant à privilégier la voie diplomatique par des négociations, non entre le Gouverneur de l'Amapa et le Préfet de Guyane, mais entre le Gouvernement Fédéral du Brésil à Brasilia et le Gouvernement français. La Députée donne un en exemple les négociations conclues entre les Gouvernements du Venezuela et du Brésil en 1994, l'ensemble du plateau des Guyanes (Guyane, Suriname,Guyana, Est du Venezuela) étant frappé par l'activité des Garimpeiros. La Députée fait valoir, par ailleurs, que l'effet d'opérations type 'Anaconda' ou 'Harpie' ne peut être pérennisé que par des actions bilatérales et de longues durée, ce que, par nature, ne peuvent être ces opérations.
Lors de son court séjour en Guyane début août 2008, le Ministre de la Défense a formellement exprimé, au cours de la réunion qu'il a tenue avec les Grands Elus de Guyane à la Préfecture, son intention de tout faire pour convaincre le Gouvernement de l'impérieuse nécessité de maintenir l'opération 'Harpie'. Le Ministre ne s'est plus exprimé à ce propos, ni de près ni de loin.
Christiane Taubira qui a effectué des survols de la forêt guyanaise pendant deux jours (7 et 8 août) et circulé sur les fleuves Oyapock et Approuague et les criques Sikini et Alikéné, en compagnie de Serge Letchimy, Député de Martinique chargé du volet Outre Mer des projets de loi Grenelle I et II et Hermann Charlotte, Maire de Saül et président du Parc Amazonien de Guyane, affirme que les bases de ravitaillement installées sur la frontières brésilienne sont sédentarisées et que l'approvisionnement des chantiers par des layons très visibles a repris dès suspension des interventions 'Harpie'.
La Députée de Guyane réaffirme que les impacts sur les cours d'eau notamment sont spectaculairement rapide, ce qu'elle a pu observer entre le survol de quatre heures et demi qu'elle a effectué début février 2008, celui de 3 heures qu'elle a fait sur le Haut-Maroni en mai 2008 et ce survol d'août 2008.
Christiane Taubira demande au Premier Ministre quels arguments il oppose à l'action diplomatique avec la Brésil, pays voisin et ami, véritable puissance régionale à traiter selon son rang ; et combien de temps encore les richesses minières de la Guyane, la santé et la sécurité de ses habitants, la qualité de ses cours d'eau seront sacrifiés aux considérations commerciales dans des secteurs d'activité plus lucratifs pour les entreprises françaises?
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