12/02/09
Pont du Larivot : Christiane TAUBIRA et Jean-Etienne Antoinette écrivent à Dominique BUssereau et Jean-Louis BORLOO

Une copie de ce courrier a été adressée au premier Ministre, Monsieur François FILLON, ainsi qu'à Madame Marie-Luce Penchard, Ministre chargée de l'Outre mer.

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Monsieur Dominique BUSSEREAU

Secrétaire d'Etat chargé des Transports auprès du Ministre d'Etat , Ministre de l'Ecologie,

de l'Energie, du Déveloopement durable

et de l'Aménagement du Territoire

40, rue du Bac

75007 Paris

 

 

Cayenne, 2 décembre 2009

 

Monsieur le Ministre,   Nous vous saisissons sous l'urgence. Et parce que les conséquences des faits en cause sont considérables sur la vie des habitants de Guyane, avec des impacts professionnels, économiques et sociaux.   L'ouvrage dénommé Pont du Larivot, reliant l'île de Cayenne au Littoral Centre et Ouest par la commune de Macouria et la ville de Kourou, est endommagé et le préfet en a décidé la fermeture mercredi 25 novembre, soit depuis une semaine. Cette mesure, qui est apparue de précaution, a été bien reçue par la population qui, en moins de 24h a fait preuve d'un civisme admirable, notamment en échelonnant ses déplacements sur la seule déviation possible, la route nationale qui contourne la commune de Macouria, et ceci en quittant son domicile le matin à 5h, soit une heure plus tôt qu'à l'accoutumée. La gêne occasionnée est importante, l'allongement de trajet étant de près de deux heures sur un trajet de vingt minutes, soit près de quatre heures de plus passées sur la route entre deux communes distantes de moins de quinze kilomètres à vol d'oiseau, de moins de vingt kilomètres par voie routière normale, et devenues, par cet incident, distantes de plus de soixante kilomètres.   Le préfet a mis un point d'honneur à informer chaque jour des dispositions prises, d'une part pour expertiser l'ouvrage, d'autre part pour faire connaître les aménagements décidés par l'Etat et le Conseil général afin de pénaliser le moins possible la libre circulation des personnes et des marchandises.   Néanmoins, la scolarité des enfants et adolescents empruntant ces voies pour se rendre à l'école, au collège et au lycée, a été perturbée puisque, la route de déviation ne pouvant accueillir des véhicules de plus de 12 tonnes, les autocars scolaires n'ont pas été autorisés à y circuler. Des travaux nocturnes ont permis de rétablir cette circulation au bout de plusieurs jours.  La population est donc informée des mesures alternatives prises par l'Etat, notamment la réquisition de barges dans les pays voisins (Surinam et Trinidad), ce qui prouve que l'urgence conduit les administrations à accomplir des actes économiques rationnels. Nous choisirons d'autres circonstances pour interroger l'expertise des services déconcentrés de l'Etat, dont la technicité et les capacités d'anticipation ont déjà été mises à rude épreuve à l'occasion du drame de Cabassou (au moins dix morts) et de l'érosion côtière à Montjoly et Rémire.   Il demeure que se posent encore des questions et que ces questions sont fondées. A savoir, quel est l'état réel de dégradation de l'ouvrage? Une réouverture imminente est-elle envisagée, dans les conditions exigibles normales de sécurité? Si les travaux de réparation s'avéraient ne pas constituer la bonne réponse ni technique ni économique, dans quel délai serait prise la décision de construction et de livraison d'un nouvel ouvrage?    Nous vous demandons de nous faire connaître, avec toute la diligence qu'exige la situation, les résultats de l'expertise que vous avez probablement décidé de faire effectuer au niveau que dictent l'importance et la qualité de l'ouvrage en cause. Nous ne doutons pas que vous veillerez à user de tous les moyens de droit que permet la loi pour lancer les procédures d'urgence ou de marchés négociés telles que prévues par le Code des marchés publics, et de mobiliser les fonds d'urgence qui conviennent pour un ouvrage d'art de cette importance pour la vie économique (déplacements professionnels, activités économiques), scolaire, sociale (activités sportives, vie culturelle...)et de sécurité sanitaire.   Dans l'attente de votre réponse, dont nous ne doutons pas de la promptitude,   Nous vous prions d'agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de notre haute considération.  

 

 

J.-E. Antoinette Ch. Taubira

Sénateur de Guyane Députée de Guyane

Maire de Kourou

 

 

 

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