Monsieur le Ministre de l'Education Nationale a répondu à 2 questions écrites que Madame TAUBIRA avait posées l'an dernier, la première en septembre 2008 pour l'alerter sur les conditions de la rentrée scolaire en Guyane où chaque année, faute de places, de nombreux enfants et adolescents en Guyane se voient confrontés à une interruption de leur cursus scolaire, et la deuxième en janvier pour l'interroger sur la mise en oeuvre d'un projet académique ambitieux que devrait porter le Rectorat de Guyane.
A ses deux questions, le Ministre a répondu de la même manière, en des termes malheureusement très vagues.
On se souvient que cette année encore, la Députée de la 1ère circonscription a apporté son soutien aux personnels administratifs du Rectorat et alerté le Ministre de l'Education Nationale par courrier dès les premiers jours de la grève, l'exhortant à ouvrir des négociations. Le Ministre lui a répondu par courrier daté du 28 septembre qu'il fait procéder à un examen attentif de ce dossier.
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Texte de la Question
Mme Christiane Taubira alerte M. le ministre de l'éducation nationale sur les conditions de la rentrée scolaire en Guyane. Chaque année, faute de places, de nombreux enfants et adolescents en Guyane se voient confrontés à une interruption de leur cursus scolaire. En particulier, les filières professionnelles fournissent une douloureuse illustration de la criante insuffisance d'offre d'enseignement par rapport à une demande que les donnés démographiques permettent pourtant de mesurer pour l'anticiper : environ 1 200 adolescents sollicitent une inscription en baccalauréat professionnel, alors que le rectorat n'est en mesure d'offrir que 440 places, toutes filières confondues. Ces adolescents ainsi empêchés d'être scolarisés sont renvoyés à leur foyer, à la rue, à l'amertume, la désespérance et la déshérence alors qu'ils manifestent le désir de poursuivre leur cursus. Ils se retrouvent, par la suite, livrés à l'oisiveté et exposés aux dangers et tentations induits par les multiples désordres en oeuvre dans la société guyanaise. Elle souhaite savoir quelles dispositions il envisage pour mettre un terme à cette injustice globale et récurrente, touchant un public particulièrement vulnérable, ces adolescents étant pour la plupart de condition économique modeste et issus de milieux sociaux peu familiers des subtilités administratives de recours.
Texte de la Question
Mme Christiane Taubira interroge M. le ministre de l'éducation nationale sur le climat éducatif en Guyane. Elle souligne que depuis la rentrée scolaire 2008, pas une semaine ne s'écoule sans que se produisent des incidents qui méritent d'être signalés. Ces incidents, d'une inégale gravité, sont tous préoccupants ou pénalisants pour la scolarité des enfants et adolescents de Guyane. Elle constate qu'un esprit de morosité prédomine actuellement au sein des équipes éducatives et d'encadrement, mais également de plus en plus parmi les élèves du second degré. La récente interview donnée par le recteur au journal "La Voix du Nord" le 2 février 2009 n'est pas pour encourager ce personnel éducatif démoralisé. Ces faits surviennent 12 ans après la création d'une académie de plein droit en Guyane et après l'installation physique du rectorat dans un meilleur contexte d'activité. Elle lui demande quelles dispositions il envisage pour assurer, par un projet académique adéquat, l'enseignement, la transmission du savoir et des connaissances, la préparation à une citoyenneté responsable, la qualité et la pluralité de l'offre de filières dans des conditions d'efficacité et de motivation pour les élèves et enseignants.
Texte de la Réponse
Le recteur de l'académie de la Guyane a présenté le 30 mars 2009 un projet académique portant sur les années 2009 à 2012. Ce plan pour le développement de l'école en Guyane a été préparé en liaison avec l'ensemble des partenaires concernés. Après une phase de consultation auprès de tous les Guyanais, un travail d'ateliers est en cours qui débouchera sur l'arrêt de douze programmes d'action proposant des mesures concrètes en faveur du système éducatif local. L'appropriation et la mise en oeuvre de ce plan dépendront des auteurs concernés, élèves, personnels, collectivités territoriales, et, plus largement, de la population guyanaise